rationaliser un écosystème digital

Résumé :
« FRAMEWORK MENTAL » (à enrichir) pour appréhender voire apprivoiser les problématiques de rationalisation d’un écosystème digital complexe. Comme toujours, exploration artisanale, sans prétention, et bien sûr ouverte à la critique et aux échanges de bons procédés.

Cet article fait écho aux difficultés rencontrées par nos clients (et nous-mêmes) quant aux logiques d’organisation / réorganisation / rationalisation de leurs écosystèmes digitaux. Implique en première instance d’arriver à dresser le « visu » de cette organisation digitale. Faire un schéma relativement juste, tangible, et pas juste une slide macro et hérétique (confère l’ouvrage intéressant « La pensée PowerPoint » d’Eric Frommer). L’approche micro nous apparaît incontournable pour réaccéder à une vision globale méta et intelligible.

Toujours plus de complexité



Etat de fait qui se dessine, l’écosystème digital d’une organisation implique de façon croissante et parfois exponentielle :

+ de services transactionnels
+ de contenus institutionnels
+ de présence sur les réseaux sociaux
+ de terminaux digitaux
+ plein de choses…

= X sites, X applications, X versions, X technologies…

L’écosystème digital des marques se densifie par ajout successif de services, de nouveaux sites, d’applications, sur fond d’accélération des prises de parole et de défi au temps réel.

Résultat :  la croissance progressive du dispositif digital par grappe devient difficile à maîtriser, car chemin faisant, on (vous, moi, l’annonceur) perd la vision globale de la chose. Il devient redoutable pour quiconque le souhaite de mettre à plat l’organisation globale du tout digital d’une marque.

Voici quelques exemples de sujet sur lesquels plancher avec un arrachage de cheveux assuré à la clé :

  • schématiser la présence d’EDF en ligne
  • cartographier l’écosystème digital d’ORANGE
  • formaliser la galaxie interactive de la SNCF
  • réfléchir et poser l’articulation entre les différents produits GOOGLE

Cela s’applique à tous types de marques, comme L’Oréal, Basf, Carrefour, mais également aux organisations administratives, par exemple les différents portails institutionnels du gouvernement, des ministères, des administrations en ligne…

Vers une Psychanalyse de la marque



Dans ce « gloubi-boulga virtuel », la question dans l’air du temps, c’est de (re)mettre de l’ordre dans tout ça. Le concept du « ça » Freudien apparaît alors intéressant pour désigner cette masse protéiforme et dématérialisée qui s’est peu à peu perdue dans l’âme binaire des serveurs intercontinentaux.

En d’autres termes, cartographier l’écosystème digital d’un acteur majeur de la vie économique et sociale en 2011, peut d’une certaine façon se rattacher à en faire la psychanalyse : archéologie de l’âme numérique du « moi » digital de la personne morale, extraction des épisodes marquants…

Il s’agit bien sûr d’une caricature à l’extrême visant à faire émerger le caractère « fractal » d’un écosystème digital. C’est complexe à représenter. Difficile à appréhender. Ce n’est plus « mécanique ». Il nous faut pourtant bien relever ces défis de représentation pour pouvoir à nouveau accéder à la vision stratégique du tout.

Avec en toile de fond la homepage Google et les succès épurés d’Apple, les acteurs économiques ont pris conscience du caractère incontournable du recourt à la (psych/o/a)-analyse, avec ce besoin de reconstituer un fil directeur. De « remettre de l’ordre dans tout ça ». Ce qui passe par une mise à plat… Comment créer ce nouveau point de départ ?

Les défis de la représentation



Nous sommes à la recherche de nouveaux paradigmes pour cartographier ces écosystèmes digitaux. Comment les représenter ? Comment par ailleurs disposer d’indicateurs fiables pour en recomposer le spectre… Et ensuite, et surtout, comment les repenser, les réorganiser, pour les rendre, …euh, plus simples ? Et pour que nos interlocuteurs adhèrent à nos propositions… à tout le moins qu’ils arrivent à les comprendre pour réagir et faire évoluer les choses dans le bon sens.

Une fois encore, IAFACTORY ne dispose pas de réponses absolues sur ces sujets oiseux, tout au plus pouvons-nous prétendre au tâtonnement. Comme ces problématiques sont rarement abordées, nous aimerions partager un maximum et savoir comment répondre avec tact et brio aux défis de la réorganisation des écosystèmes digitaux. Si du moins c’est possible. D’où :

  • 1 : savez-vous planter des choux dresser une cartographie digitale ?
  • 2 : à la mode de chez nous, proposer une réorganisation tenant la route ?

Quelques pistes de réflexions pour cartographier l’écosystème digital…

La liste des fournitures


  • Un ordinateur, une connexion internet, du temps et de la patience
  • Un listing de TOUS LES SITES / supports
  • Une validation du listing en bonne et due forme de la main du Président (les oublis se paieront cher en cours de route)

Le premier fait récurrent c’est que le client / l’annonceur ne dispose JAMAIS, d’une liste exhaustive et surtout à jour de toutes les composantes constituant son écosystème digital. C’est pour cela d’ailleurs que l’on vous sollicite :) . Si cette liste existe, elle est souvent incompréhensible. Toujours incomplète. Si tel n’est pas le cas, c’est que vous travaillez déjà avec des architectes… Quoi qu’il en soit, il faut absolument veiller à être en accord sur le Périmètre des supports : la liste est à valider avec enveloppe et cachet de cire si nécessaire, car les oublis se paieront cher ensuite.

En règle générale, la première étape du travail consiste à faire l’inventaire, une fois encore, de tous les supports de l’écosystème pour réussir à distinguer les contours de chacun d’eux. Cela peut s’avérer fastidieux. Et en plus on peut se tromper. C’est pour cela que personne ne souhaite le faire. Et donc pour ça que votre client ne vous fournit jamais une liste complète. Héhé, ben oui, élémentaire…

La création des datas



Un système cartographique se rattache aux notions de représentations :

  • représenter quoi (des sites) ?
  • et représenter comment (sur la base de quels critères) ?
  • et pourquoi, pour montrer quoi (l’écosystème digital) ?
  • et pour  qui (complexifie pour beaucoup le bidule, mais on y reviendra) ?

La question de la forme ne se pose pas de fait.
Avant toute chose il nous faut collecter de la data, pour donner du sens à la cartographie…
En l’occurrence nous savons ce que nous voulons représenter : une organisation de différents supports constitutifs d’un écosystème digital. Ce qui nous manque, c’est la notion de critères…

Avec la liste des sites en poche, une première vision générale de l’ensemble permet de réfléchir à ces fameux critères comparatifs, qui pourront ensuite servir d’étalon pour la formalisation de la cartographie. Il ne s’agit pas uniquement de montrer les interactions entre les différents supports (ce qui est déjà une performance), on peut aller plus loin en montrant le volume des supports, les publics auxquels ils s’adressent…

Autrement dit, le niveau de finesse et la profondeur des informations que communiquera la cartographie va dépendre de notre capacité à mettre en place un système de classification autour d’indicateurs précis. Plus les indicateurs sont précis et fiables, plus le potentiel de signification de la cartographie s’améliore.

Cette notion de classification et d’inventaire s’impose naturellement lorsqu’il est question de refonte, d’évolution, de rationalisation de l’écosystème digital, puisqu’il permet de soutenir les choix et de les argumenter. Cela peut aider à montrer que les propositions ne sont pas justes sorties du chapeau…

Pour résumer,  il est avant toute chose profitable de disposer d’un système de classification, avec des critères. En voici une liste :

  • URL et nomenclature : il est crucial de nomenclaturer les sites dès le départ, cela permettra ensuite de disposer d’un référentiel efficace pour travailler.
  • Volumétrie / taille du site ou du support : nombre de pages…
    A relever à la main (…) ou en utilisant un ersatz du type google site:www.lesite.fr. Il est assez intéressant de créer des ensembles en parallèle du relevé du nombre de pages (les sites de moins de 100 pages, les sites de 101 à 500…), ce sera utile au moment de la représentation de l’écosystème.
  • Typologie de terminal : web classique, mobile, borne…
  • Nature de l’expérience : transactionnelle, plaquette / vitrine, gaming…
  • Registre / angle du support : informationnel, communicationnel, pédagogique…
  • Trafic et transactions : visiteurs uniques par mois, nombre de transactions…
  • Cibles : 3 à 5 cibles par support (professionnels, particuliers, collectivités…)
  • Mots-clés : 3 à 5 mots-clés maximum par support
  • Date de dernière mises à jour et date de création
  • Maillage avec les autres sites du dispositif : listes des liens dans la galaxie
  • Plateforme technique du site / support

Ces clés d’analyses peuvent être formalisées dans un tableau sous formes de colonnes. Les lignes correspondent aux différentes URL à inventorier. Le relevé des données permet de consolider les valeurs de chaque critère, l’objectif étant de faire émerger au fur et à mesure les valeurs communes et les points de divergence. La phase d’inventaire procède donc de la méthode essai-erreur pour construire de la data qui puisse être exploitable. Par exemple :

  • Le système de TAG doit établir des correspondances en vue de regroupement
  • Ce même système de TAG doit isoler les cas particuliers, les inclassables
  • Le reporting des cibles de chaque support fait émerger des points de convergence
  • Plusieurs supports peuvent avoir une même approche, un même angle d’attaque
  • etc.

Le principe n’est pas de tricher en invoquant le dogme du regroupement et de l’agglomération… Il s’agit de catégoriser les sites, pour chaque critère, avec un souci de l’ensemble. C’est un travail difficile qui implique un examen minutieux des données saisies à  la fin de l’exercice.

Une méthode efficace peut consister à procéder en 2 temps :

  • temps 1 : réaliser une « fiche d’identité » pour chaque site
  • temps 2 : se baser sur les données des fiches pour compléter le tableau (ce qui permet d’ajuster de façon cohérente les valeurs de chacun des critères pour tous les sites)

L’extraction des datas



Une fois les données recueillies, ajustées et reportées au sein du tableau, une phase d’extraction peut débuter. L’objectif consiste à analyser l’ensemble des datas pour établir un diagnostic général duquel nous pourrons dégager les faits principaux. Par exemple :

  • X sites ont un faible trafic (moins d’impact en cas de remaniement)
  • X sites génèrent plus que Z euros de CA
  • X sites n’ont pas été mis à jour depuis telle date
  • X sites sont de taille colossale (difficile à migrer ou remanier)
  • X sites sont de taille modeste (peu impliquant en cas de refonte & co)
  • X sites peuvent se rattacher au mot-clé Y
  • X sites sont inclassables

Ces faits principaux peuvent se prêter à une représentation sous forme de diagramme au besoin. Mais cela ajoute du temps à l’entreprise… et ce sera plus difficile à mettre à jour par la suite en cas de changements…

Que voulons-nous représenter…



Nous avons une liste de sites, un tableau compilant des données, et un diagnostic de la situation. Partons de cette connaissance pour générer la première cartographie, celle qui représente le mieux l’écosystème digital sous sa forme actuelle. Il était important de ne pas établir la cartographie de l’existant avant d’avoir réalisé tout le travail de classification, puisque fort de cette expérience d’analyse micro, on accède à une meilleure connaissance de l’ensemble.

Il est important de bien réfléchir à ce que nous allons formaliser, car cette photographie de l’existant fera probablement office de document de communication partagée par les interlocuteurs du projet.

A ce stade, c’est le moment de choisir le type de diagramme le plus approprié à ce que nous voulons représenter. S’agit-il de montrer le volume de chacun des dispositifs les uns par rapport aux autres, auquel cas on peut recourir à un plan de masse ? S’agit-il de montrer les interactions entre les différents supports, auquel cas on peut se diriger vers des systèmes de maillage ? A priori, l’exercice relève des deux…

S’il doit y avoir un après, c’est à dire un remaniement, une rationalisation de l’écosystème digital, il est pertinent de composer dans une logique de type AVANT-APRES… C’est un bon moyen, lorsque c’est possible (car tous les sujets ne s’y prêtent pas), de fédérer les acteurs autour d’une vision commune. L’objectif n’est pas forcément de faire adhérer, mais à tout le moins de favoriser l’échange (on se confronte alors aux difficultés du travail de design d’information : comment organiser et présenter le complexe de façon non simplifiante…).

…La cartographie de l’existant



Pour formaliser l’esquisse de l’écosystème digital existant, on peut par exemple procéder comme suit :

  • Considérer qu’un site / un support est un cercle plein.
  • Si vous avez plusieurs médiums (web, application mobile, tablette, borne…), pourquoi ne pas envisager une iconographie pour les différencier, à voir
  • Donner une taille à chaque occurrence de cercle, en essayant de se limiter à quelques catégories : les sites de moins de 100 pages, les sites de 101 – 500 pages… (cela fait d’ailleurs parti des critères, et doit être intégré au tableau synoptique) à pondérer en fonction du nombre de supports à représenter. La compréhension des ensembles sera plus efficace avec un tel système (cela évite d’avoir 100 cercles de taille différente pour 100 sites, on comprend mieux avec 3-5 tailles de cercles).
  • Essayer de regrouper ces occurrences de sites entre grands ensembles, tels qu’ils existent en l’état, et non dans la projection de la future rationalisation…
  • Si c’est possible et si c’est pertinent, montrer les interactions qu’entretiennent ces très grands ensembles entre eux, à un niveau méta. Puis à un niveau plus fin, représenter le maillage micro entre les sites.

En travaillant de la sorte, on doit pouvoir réussir à tracer quelque chose qui fait sens. Cela peut prendre plusieurs formes, peu importe, l’essentiel est d’arriver à caractériser la nature des grands ensemble de l’écosystème, et peut-être réussir à pointer les éléments de complexité qui composent les interactions dans les sous-ensembles (une telle cartographie permet également de faire émerger des questions…). Exemple de représentation d’un écosystème existant :

Avec cette première approche cartographique, nous avons franchi un pas dans la compréhension, et nous sommes armés pour entamer le travail de rationalisation.
Sur quelles bases, et comment travailler ?

Du diagnostic aux préconisations



Forcément à force de travailler (inventaire, analyses, diagnostic, esquisse de l’existant), on a eu le temps de cogiter et ce processus favorise naturellement l’identification de nouvelles structures.

Sur la base du diagnostic et des faits principaux, on peut se pencher sur les préconisations. Nous aurons probablement appris des choses du type :

  • Il y a des sites qui ne sont plus à jour… et qui ne seront plus mis à jour
  • Ils traduisent une forme d’obsolescence à qualifier (éditoriale et/ou ergonomique et/ou technique ?)
  • La notion d’obsolescence flirte avec celles d’archivage ou de suppression, voire d’évolution
  • Par ailleurs, certains sites, semblent partager des caractéristiques communes à qualifier (des sites se rapprochent par les thématiques traitées d’un point de vue éditorial, d’autres par le type de services qu’ils proposent – transactions)
  • Et de façon complémentaire, on pourrait s’apercevoir que certains sites s’adressent vraisemblablement aux mêmes publics
  • Nous pouvons aussi établir que des sites sont indéboulonnables car ils drainent un trafic trop important, ou encore parce que leur structure est abyssale avec plusieurs centaines de milliers de pages…

Ce type de cheminement permet forcément de faire émerger de nouvelles logiques d’organisation. Tout du moins il en favorise le processus. Mais à ce stade, nous sommes toujours dans le registre du diagnostic…

Les scenarii de rationalisation



« Rationnaliser », c’est faire mieux avec pareil ou moins, en quelques sortes.
N’est-il pas ce concept « LESS IS MORE » ?

De fait, nous allons établir une classification complémentaire, qui va nous faire entrer dans le registre de la préconisation et dont la nature implique intrinsèquement les logiques de rationalisation : pour chacun des sites, nous allons statuer sur l’action à mettre en place. Ce nouvel étiquetage peut s’établir comme suit :

  • Suppression (définitive ou partielle, en totalité ou en partie)
  • Archivage
  • Evolution
  • Migration
  • Agrégation
  • Rattachement
  • Fusion

Le site que l’on supprime disparait, ça fait un cercle de moins à représenter :) . C’est surtout que la considération de l’effort au maintien du site / support n’est pas jugée suffisante par rapport au bénéfice que ce dernier peut apporter aux usagers (à ce stade il faut penser en architecte et pas en ergonome…).

L’archivage, c’est la considération que tout ou partie d’un site n’est plus à jour ou ne correspond plus à un état de fait par rapport à la réalité du moment. C’est aussi un moyen de jouer avec le cycle de vie éditorial des articles et des thématiques d’un corpus. On est donc dans une notion conceptuelle (qu’est-ce que archiver ?), mais qui porte du sens (celui que l’on souhaitera donner à l’archive).

Ensuite l’évolution : à considérer comme une évolution majeure du site. Par exemple, le site B évolue de manière à pouvoir absorber le contenu d’un autre site A. Cette évolution implique une extension de la structure du site d’accueil.

La migration : il s’agit d’un site dont la densité informationnelle permet d’envisager une migration partielle ou totale des contenus vers un dispositif d’accueil dont il devient une partie. La migration implique que le dispositif d’accueil soit capable de récupérer les contenus sans impacts profonds sur sa structure. Cela implique pour le site d’accueil une modification mineure de sa structure.

L’agrégation : variante plus complexe de la migration qui va au-delà du transfuge de contenus. Le site d’accueil doit alors intégralement absorber le contenu sans modification de forme. Cela implique donc un impact important de sa propre structure et des modèles de présentation.

Le rattachement : lorsqu’un site ne peut pas faire l’objet d’une migration ou d’une agrégation (parce qu’il est trop volumineux, trop complexe, ou représente un support trop original pour être dénaturé) on le rattache simplement en l’état à un dispositif d’accueil. Cela impacte juste la navigation des sites.

La fusion : il s’agit d’une fusion lorsque plusieurs sites présentent des caractéristiques communes (angle, cible, thématique traitée), et qu’il est judicieux de les faire disparaitre en tant que tel pour mieux les faire vivre au sein d’un seul et même site nouvellement créé.

In fine, si l’on reprend ce modèle de travail, on peut par exemple faire des associations (mais pas obligatoirement) permettant de systématiser les recommandations à grande échelle (si c’est nécessaire) :

  • migration : s’applique à tous les sites dont le volume est de taille X
  • agréation : s’applique à tous les sites dont le volume est de taille 2X
  • rattachement : s’applique à tous les sites dont le volume est de taille 3X
  • … avec pour limite un prisme de rationalisation porté sur la taille du site…

Ce qui est intéressant avec cette notion de scenarii, c’est qu’on peut envisager plusieurs cas de figures pour chaque site…

Statuer de la sorte sur le sort de chaque site va grandement faciliter le travail de cartographie finale… Toutes les logiques de réorganisation vont s’appuyer autour d’un cercle restreint de dispositifs que l’on aura identifié pour leur fort trafic, leur performance transactionnelle et/ou leur volume.

On peut imaginer des créations de sites, des fusions de dispositifs, des logiques de réorganisation par cibles ou le regroupement des services transactionnels…

Cartographier l’architecture cible



C’est le moment de représenter l’évolution de l’écosystème. On peut faire des choses très élaborées certes, mais pour être efficace, il suffit de se rappeler qu’en réunion « on n’a pas le temps de s’amuser à essayer de comprendre votre schéma, c’est trop compliqué ».

Puisque dans le monde contemporain, le temps manque, le complexe est rejeté (et c’est bien dommage), et le vidéoprojecteur en résolution 1024 créé des oeuvres d’art modernes, il faut le plus souvent « se rabattre » sur une représentation dans laquelle tous les corps de métier pourront se projeter. Mais vous pourrez toujours accrocher l’oeuvre originale dans votre bureau (ou ailleurs).

De la souplesse dans la documentation



« Le client final décide toujours de l’emplacement de ses toilettes et de sa salle de bain, au final »… Il est par ailleurs plus à même de faire certains choix.

Il faut bien avoir à l’esprit que devant tant de complexité, le rôle de l’architecte est dans la PROPOSITION d’un système de classification et de rationalisation, dans une démarche de « concevoir pour la compréhension » / « design for understanding ». Et c’est déjà beaucoup.
Il apporte des pistes permettant de rassembler les projections de chacun.

La rationalisation de l’écosystème digital se fera par itérations, de façon progressive. Ce qui n’est pas une mince affaire s’il faut considérer les évolutions successives des supports de travail : bien avoir en tête dès le départ que 2 éléments clés évolueront plus facilement qu’une recommandation de 200 pages au fil des échanges. Un bon compromis de souplesse dans la documentation consiste par exemple à maintenir le tableau synoptique des sites (par exemple un fichier excel) et la cartographie de l’écosystème cible.

Quelques réflexions



Il peut paraître surprenant de décrire les choses de la sorte, froidement, sans réelle prise en compte du facteur humain (de l’usager final plutôt) à chaque étape du travail. Mais à l’heure du temps réel dans une configuration où l’on se doit de répondre pour action, est-il vraiment crédible d’avancer qu’un panel d’utilisateurs puisse mettre de l’ordre dans le bazar digital d’une marque ? L’apport des utilisateurs est toujours un plus, pour proposer de nouvelles choses, réagir à un existant… Mais lorsqu’il s’agit de faire des choix (ou propositions) à l’échelle de plusieurs centaines de sites, est-ce encore une alternative ? (NoN).

Autre point : le facteur technologique est si complexe et les plateformes tellement foisonnantes que toutes les réflexions d’ordre sémantiques, conceptuelles et marketing visant à faire évoluer un écosystème peuvent vite devenir caduques… C’est là une réelle difficulté que de tenir compte, dans les scenarii de rationalisation en première instance, du parc des technos embarquées pour chacun des sites… Une cartographie de l’écosystème digital existant vu sous l’angle technique peut représenter une couche informationnelle intéressante (un peu à la technique traditionnelle du transparent qui se superpose).

Dans l’idéal c’est encore mieux si on arrive à greffer cette couche technique directement dans la représentation de l’écosystème digital (avec une cartographie du point de départ et une cartographie du point d’arrivé). Mais cela demande plus de temps, car il y a plus de données à compiler et que les préconisations doivent intégrer le facteur techno au-delà des enjeux marketing…

Pas sûr que les annonceurs soient prêts à investir les sommes et le temps nécessaires à la relève de ces défis à la représentation, pour l’heure. Mais on va s’y diriger dans les temps à venir, c’est une certitude, tout simplement parce que ces représentations n’existent pas (ou très peu)… Et qu’il ne sera plus possible de continuer à bouger des Mikado sans prise en compte des équilibres généraux… Bref, comme pour la guerre, les cartographies vont s’imposer dans les prises de décisions stratégiques. Il faudra donc bien les créer !

L’architecte digital créé des datas



L’architecte digital / l’architecte de l’information ne se contente pas de reprendre les données pour mieux les (ré)organiser. L’AI apporte des pistes de scénarios de structuration par la mise en perspective de nouvelles valeurs qu’il créé.

En tous les cas et une fois encore, il faut noter que le travail d’architecture et de structuration passe par une phase de création de data. C’est à ce prix que les nouvelles structures peuvent se former et bien sûr être partagées. Cette approche permet d’affronter des cas complexes portant sur des centaines de sites.

En l’état IAFACTORY procède de la sorte et cela s’avère fonctionnel mais pas dénué de complexité :) . Nous sommes donc pleinement ouverts aux réflexions et suggestions !

À propos de IAFACTORY

IAFACTORY est un studio de passionné en architecture de l'information. Julien MUCKENSTURM, architecte de l'information et designer d'information, en est le fondateur. IAFACTORY est un projet qui mise sur la recherche, l'expérimentation, et l'innovation, pour avancer :). C'est pour cette raison que nous développons plusieurs projets connexes à nos activités de conseil : modèles documentaires, formation, interfaces aimantées et pleins d'autres choses à venir... Si notre projet vous intéresse, n'hésitez pas à nous contacter, toutes les énergies sont les bienvenues.
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3 réponses à rationaliser un écosystème digital

  1. Atomistic dit :

    Bonjour,
    Une piste de réflexion pour le listing des supports et la cartographie : parallèle à envisager avec la com’ standard (classique, non digitale), avec son lot de papiers ou d’événementiels.

    Au-delà d’un état des lieux basé sur l’existant (photographie actuelle classée avec critères indépendants), pourquoi ne pas intégrer l’historique des supports..? (va suivre l’histoire de la marque et ses objectifs).

    Peut aider à dégager rapidement les infos/supports obsolètes et placer les supports « efficaces » dans une logique marketing (aide à la création/extraction des datas). La dimension historique permet de joindre les facteurs humain/techno et marketing (évoqués par IA en fin d’article), en cassant la froideur des données.
    Enfin, vaste sujet à creuser…

  2. IAFACTORY dit :

    Merci cher Sphinx de replacer cela dans une dimension historique. C’est une piste intéressante et il vrai que la dimension « historique » est reléguée très loin dans l’article, avec simplement un relevé de la date de création du support (quand on arrive à l’obtenir) – en gros, cela revient à travailler sur la tombe numérique de l’organisme en question…

    C’est un type de données qui se prête bien aux représentations sous forme de frise, la difficulté étant d’intégrer cette donnée dans une vue / cartographie des différents supports à un moment T. C’est vrai qu’avec une telle approche, on pourrait envisager plusieurs cartographies, pour des périodes données, et voir « la croissance » de l’écosystème, un peu comme comme une échographie… Ce qui est ennuyeux en revanche, c’est qu’il sera assez difficile de récupérer les données de l’historique de supports. Quand je vois comme il est déjà relativement compliqué de se mettre d’accord sur l’état de l’actuel (et son périmètre)…

    Pour l’ajout de la couche « communication traditionnelle » (print, événements, etc.), je suis plus partagé : à l’échelle d’une marque comme Carrefour ou Orange par exemple, je crois que c’est impossible – trop de « global-local », trop de choses.
    Je pense que c’est important d’orienter le travail pour ne pas trop se dissoudre dans le champ des possibles qui est très vaste, et l’entreprise de la cartographie digitale présente déjà suffisamment de défis.

    Cela pourrait faire un bon sujet de réflexion pour une galerie d’art moderne, sur un mur de 50 x 10 M, ou un beau tag sur les restes du mur de Berlin (le côté que personne ne regarde of-course, restons entre initiés).

  3. Ping : templates.IAFACTORY, en coulisse… | vive l'architecture de l'information (!)

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