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Étude de cas de conception UX
Briefez IAFACTORY pour une mission UX e-commerce
Briefez IAFACTORY

Exemple de conception de site ecommerce : conforama.fr
Cette étude de cas UX design s'intéresse à l'architecture de l'information d'une plateforme e-commerce et son catalogue, avec amélioration continue sur 3 ans
.

1. Problématique

Spécificités de l'intervention

Nous avons souhaité traité les interventions menées auprès de Conforama, pour illustrer les apports propres à la démarche d’architecture de l’information et d’expérience utilisateur, dans le cadre d’un projet e-commerce impliquant plusieurs cycles de vie : refonte, optimisations, évolutions

Il s’agit également d’un projet exigeant, dépassant les simples questions de formalismes d’interface, dans lequel de nombreux travaux en matière d’architecture de l’information ont été menés (élaboration de matrices, optimisation de catalogue référençant plusieurs milliers de références…).

Les travaux ont été menés en 2007, 2008 et 2009.
Visualisez le projet UX Conforama.
Note : intervention menée auprès de Conforama par Julien M. en tant que consultant au sein du Groupe Publicis.

A propos de Conforama

Conforama, enseigne filiale du groupe PPR, est leader du marché de l’ameublement en france et se place dans les premiers rangs mondiaux en matière d’équipement du foyer.

Conforama dispose d’un réseau de magasins physique puissant en france (environ 180 magasins) et est également bien implanté en europe (environ 50 magasins), notamment en Espagne, Italie, Croatie, Suisse, Luxembourg et Portugal.

En 2005, Conforama modernise sa charte graphique et réaffirme son positionnement de discounter en optant pour la baseline « bien chez soi, bien moins chère » en remplacement de la signature historique « le pays où la vie est moins chère » ; la marque opte pour un ton plus léger dans ses prises de paroles communicationnelles (spots publicitaires tv, radio…) en créant des personnages mis en scène dans des saynètes parodiant la vie de tous les jours… cette stratégie vise notamment à répondre aux campagnes du concurrent Ikea.

Au final, en retravaillant les fondamentaux de sa communication (baseline, charte graphique, concept communicationnel, tonalité), Conforama a réussi le pari de moderniser une enseigne qui apparaissait vieillissante.
Dans la lignée de cet effort de modernisation, l’enseigne se devait de relever le niveau de sa présence numérique par un dispositif e-commerce davantage dans l’air du temps et en accord avec la nouvelle stratégie de communication.

C’est dans ce contexte que nous sommes intervenus, en 2007, dans le cadre d’une mission en architecture de l’information, visant la refonte du site marchand de l’enseigne Conforama.fr.

Problématique numérique

En 2007, le dispositif interactif de Conforama apparaît vieillissant et n’est plus en phase avec la volonté de modernisation de l’image de marque de l’enseigne ; la plateforme technique est obsolète, et ne permet plus de gérer efficacement les flux des gammes produits entrantes et sortantes.
En matière de code e-commerce, le dispositif est en voie d'obsolescence, et reste à l'écart des enjeux 2.0 propres à cette époque.

Parallèlement, le site souffre de carences en matière d’ergonomie, et côté design, le site marchand de l’enseigne Conforama accuse le coup face à la montée en gamme des dispositifs concurrentiels

Pourtant, malgré ses faiblesses, le dispositif marchand de Conforama est très performant, et se hisse, déjà à cette époque, dans le top 20 des magasins de l’enseigne en matière de chiffres d’affaires (!) ; les indicateurs économiques et les indices de fréquentation sont au vert : le site web est le premier site e-commerce dans la catégorie équipement de la maison et totalise notamment en décembre 2006 plus de 500 000 visiteurs uniques.

De fait, les objectifs fixés par la refonte étaient ambitieux et visaient notamment à placer la boutique numérique Conforama.fr dans le top 10 des magasins les plus performants de l’enseigne, avec pour objectifs :

  • Accroître les performances de la boutique on-line (taux de transformation, panier moyen, neutraliser la déperdition dans le process de commande).
  • Moderniser le dispositif pour bénéficier d’un avantage concurrentiel (nouvelles modalités de consultation (aide au choix, approche besoin) à intégrer dans les parcours.
  • Consolider et relayer le positionnement / l’image discounter de l’enseigne (charte, animation commerciale).

Synergies avec le réseau de magasin

Il s’agissait également de tenir compte des spécificités du modèle Conforama, ancré dans la culture du magasin physique ; le site web s’appuyait fortement sur son réseau physique pour permettre la préparation de la visite en magasin, et les enjeux ergonomiques du nouveau dispositif visaient notamment à valoriser la synergie entre le réseau physique et le magasin numérique au travers de l’ajout de nouveaux services : réservation en ligne, retrait en magasin…

Alors que d’autres enseignes peinent à trouver une formule complémentaire entre réseaux physiques et magasin en ligne, jusqu’à s’y engluer (problématiques de cannibalisation), Conforama a su capitaliser sur son réseau pour en faire une force en valorisant la complémentarité du modèle physique-digital auprès de l’utilisateur : dès son arrivée sur le dispositif marchand, toutes les modalités d’achat sont exposées clairement et l’usager sait qu’il pourra, au moment de finaliser sa transaction, opter pour la solution qui lui paraîtra la plus avantageuse (achat en ligne, livraison à domicile, retrait en relais-colis, retrait dans le magasin de son choix...). Des options qui paraissent évidentes à notre époque mais qui ne l'étaient pas du tout dans le contexte de cette refonte, en 2007...

Proximité géographique

Le dispositif e-commerce fait ainsi du réseau physique, fort de 180 points de retraits dans toute la france (85 % des français ont un magasin à moins de 20 minutes de chez eux) une de ses principales force de frappe : en misant sur la proximité dès les prémices de son activité e-commerce, Conforama a su contenir les craintes matérialisées par le concept du « tout numérique  » auquel sa cible grand public aurait par essence pu se heurter.

Ces constats sont renforcés par la part consubstantielle du trafic généré sur la notoriété pure de l’enseigne : 80 % du trafic provenait du mot-clé Conforama (!).

In fine, ces observations permettent de saisir les enjeux impliqués par la refonte du dispositif marchand, qui se devaient d’être une vitrine du savoir-faire de l’enseigne en matière de service afin de rassurer sa clientèle.

Trois dimensions ont donc été au cœur de la refonte :

  • Magasin.
  • Service.
  • Logistique.

Nous sommes repartis de ces problématiques et des nombreux entretiens de cadrage pour baser notre travail de conception sur la complémentarité du magasin physique et du dispositif marchand : cette approche est importante, car couramment, les enseignes disposant d’un réseau de magasin physique souhaitent démarquer fortement l’activité on-line du réseau traditionnel (notamment pour des causes organisationnelles comme la non agrégation des équipes ou encore le cloisonnement des unités d’affaires).

Le projet de refonte ergonomique

Le mode projet souhaité par Conforama a été de confier la partie créative à une agence interactive et le développement technique a une SSII, piloté par le département e-commerce de l’enseigne : cette organisation tricéphale, reflète un mode organisationnel relativement classique pour ce type de projet mais pose les problèmes récurrents du travail collaboratif, de la documentation projet, de la perméabilité des métiers… Des impacts des choix de design sur l'environnement technique, et inversement, dans des périmètres budgétaires déjà définis...

La réussite du projet, et notamment le respect des objectifs fixés en matière de délais, budget, qualité, dépendait largement de la bonne entente et de la fluidité des échanges entre les équipes techniques de la SSII et les équipes créatives de l’agence interactive.

Dans ce cadre, et afin de simplifier les échanges entre les trois partis, nous avons préconisé d’organiser le projet autour d’une démarche centrée sur les travaux d’architecture de l’information.
Sur la base d'un "audit fonctionnel" du dispositif, nous avons proposé une méthode d’organisation du projet agile, plaçant les échanges sur la matérialisation tangible et pragmatique du dispositif : une zone fonctionnelle du site équivalait à un chantier considéré comme un lot du projet à part entière avec phasing dédié (catalogue, processus de commande, réseau de magasin, espace client...).

Ainsi, chacun des chantiers fonctionnels a été traité selon une même logique :

  • Réunion 1° : analyse fonctionnelle du chantier entre les 3 partis.
  • Réunion 2° : atelier de travail sur les wireframe.
  • Réunion 3° : ajustements et validation du chantier.

Cette organisation pragmatique a permis de combiner l’expression des besoins à la démarche de conception fonctionnelle, et la réalisation des wireframe a systématiquement pu être cadrée par une analyse fonctionnelle des enjeux, risques et besoins par les 3 partis (équipe Conforama, agence interactive, ssii)…

In fine, l’organisation effective du projet s’est déroulée autour du traitement des chantiers récurrents que nous préconisons :

  • Chantier 1 : catalogue et segmentation du catalogue, attributs produits.
  • Chantier 2 : logistique, flux impliqués dans le processus de commande.
  • Chantier 3 : descente catalogue (scénario de la home à la fiche produit).
  • Chantier 4 : animation commerciale.
  • Chantier 5 : matérialisation du processus de commande.
  • Chantier 6 : compte-utilisateur et problématique de relation-client.
  • Chantier 7 : problématique magasin et services associés.
  • Chantier 8 : gabarits complémentaires transversaux et éditoriaux.
  • Chantier 9 : modules spécifiques.

Bien entendu, des points intermédiaires ont permis de travailler sur d’autres aspects usuels embarqués par les problématiques e-commerce complexes, dont notamment :

  • Dimension corporate et prise de parole de l’enseigne.
  • Signalétique de prix, marquage et balisage des marqueurs commerciaux.
  • Gestion des visuels, (dimension, traitement).
  • Relations ERP-logistique et leurs impacts en terme d’interface.
  • Gestion de la galaxie de site lorsqu’elle existe.

Grâce à ce lotissement du projet organisé autour des composantes fonctionnelles constitutives du dispositif, le projet a été orienté de façon pragmatique sur sa matérialisation et a permis de respecter les impératifs fixés par l’échéancier.

2. Approche

Analyse et conception

De façon macro, notre approche s’est articulée autour de 3 temps :

  • Une phase d’analyse et d’étude précise de l’existant.
  • Le lotissement fonctionnel et le découpage du projet en chantier.
  • La mise en place des solution de conception et le maquettage ergonomique.

Analyse fonctionnelle

Notre premier travail relatif à la conception a consisté à réaliser une analyse fonctionnelle et ergonomique de l’existant : au travers de l’audit fonctionnel, nous avons pu recenser l’intégralité des composantes fonctionnelles constitutives du dispositif, ce qui nous a permis de bien identifier les points chauds et les zones de complexité.

L’audit ergonomique nous a permis de déterminer les grands scénarios ainsi que les tâches impliquées par l’interaction avec le dispositif transactionnel, en vue d’envisager leur simplification ; ce travail a notamment mis en lumière le caractère peu intuitif du catalogue produit.

Organisation du catalogue produit

Ces travaux d’analyse ont été complétés par un chantier portant sur l’inventaire complet de la segmentation et de la structure du catalogue de vente Conforama en vue de son optimisation : en effet, les équipes de Conforama avaient souligné, dès les premières réunions, la nécessité de déconnecter la segmentation produit de l’ERP (reposant sur une logique métier) de celle du site.

Nous avons donc cartographié l’intégralité du catalogue, en déterminant précisément pour chacun des univers produits :

  • Nombre de rayons associés.
  • Nombre de catégories spécifiques constitutives de chaque rayon.
  • Nombre de produits constitutifs d’une catégorie.

Ce travail a permis de déterminer la largeur et la profondeur du catalogue ainsi que les moyennes de produits proposés par univers, par rayon et par catégorie : cette vision micro et détaillée du catalogue, nous disposions d’un outil précieux pour reconstruire un nouveau catalogue et traduire son utilisation par un système de navigation et des modalités de filtres plus performants.

3. Solution

Segmentation du catalogue

Nous l’avons vu, un des enjeux forts du projet résidait dans le fait de mettre en place une nouvelle segmentation du catalogue, plus intuitive, et plus en adéquation avec la logique de classification utilisateur.

Pour ce faire, nous nous sommes rendus dans différents magasins physiques de l’enseigne afin d’analyser la topographie des lieux de vente ainsi que la disposition des produits : un constat s’est dégagé assez rapidement, autour du fait que de grands ensemble de produits émergeaient nettement en perception, par leur couleur, leur design et leur encombrement…

Nous nous sommes basés sur ces observations pour faire une première proposition de segmentation, très macro autour des espaces suivants :

  • Espace mobilier et cuisine (chambre, ensemble cuisine…).
  • Espace décoration (luminaire, tapis…).
  • Espace électroménager (réfrigérateur, machine à laver…).
  • Espace high-tech (ordinateur, téléphonie…).

Cette grille de lecture et de séparation des univers, qui émerge naturellement en perception visuelle au cours d’une visite en magasin, apparaît relativement évidente et logique : de façon assez paradoxale, relever de telles évidences s’avère pourtant difficile pour des équipes projets immerger au quotidien dans les problématiques de l’enseigne.

Cette proposition de segmentation a donc été favorablement accueillie par les équipes de Conforama, mais encore fallait-il réussir à donner une visibilité précise et tangible de cette segmentation macro…
En effet, passer du stade de l’idée à la formalisation micro de la segmentation du catalogue est un exercice délicat : à priori, les équipes de Conforama étaient naturellement pressenties pour réaliser ce travail, mais l’expérience a pu mettre en évidence que face à une tâche aussi spécifique, le manque de recul méthodologique associé à une absence de techniques et d’outils, n’a pas permis aux équipes de chef de produit de réaliser le travail en tenant compte de la vision globale… ces difficultés ont créé un court-circuit dans le mode projet et ont eu des impacts sur l’échéancier initialement prévu.

Notre premier chantier de conception a donc consisté à réaliser le travail exhaustif de segmentation, pour le soumettre dans un deuxième temps au regard critiques des responsables de rayon de l’enseigne : comme souvent, la création du support par l’architecte de l’information permet de fluidifier les échanges et de faire avancer le projet ; c’est cette méthode qui aurait du être privilégiée dès le départ.

Le travail de segmentation a exigé un réel investissement, puisqu’il s’agissait de s’approprier l’intégralité des références produits… nous avons repassé au peigne fin l'intégralité des catégories du catalogue pour les relier au nouveau système de classification... d'autres éléments facteurs de complexité ont du être pris en compte, notamment les enjeux techniques et sémantiques liés au référencement…

Design de navigation

Lorsque nous sommes finalement parvenus à établir une table de correspondance exhaustive entre l'ancien catalogue et la nouvelle classification (débouchant sur un fichier Excel consistant...), nous avons dû trouver des solutions de présentation plus visuelle afin de faciliter la communication lors des ateliers de travail.
Les ajustements et itérations autour de la segmentation définitive ont quasiment courus jusqu’à la fin du projet, comme souvent, un maximum de flexibilité a été injecté dans les solutions de conception mises en place.

La nouvelle segmentation visait notamment à restreindre le nombre d’entrées en amont, et à supprimer toutes les classifications intermédiaires pour associer à chaque univers, une liste de rayons très précise… autrement dit, en opérant des regroupements au premier niveau de l’arborescence et en supprimant les niveaux inférieurs, nous avons créé un système relativement dense dès le deuxième niveau…

Il s’agissait de traduire ce système de classification en modèle navigationnel, sans pour autant que ce dernier se voit étouffé par la trop grande richesse des rayons ; nous avons entamé une démarche de design d’information afin de conférer au système de navigation mis en place des modalités de classification efficaces et confortables pour l’utilisateur.

Parcours complémentaires

Sur la base d’une structure de catalogue solide, nous avons entamé un second chantier de conception impliquant, dans lequel il s’agissait d’offrir des modalités d’accès complémentaires voire alternatives au catalogue…
Autrement dit, si la nouvelle segmentation du catalogue permettait de répondre à une logique de classification rationnelle, et donc à un parcours raisonné de la part de l’utilisateur, il fallait encore adresser les autres typologies de parcours : par besoin, par usage, par ambiance ou par design

Ces modalités complémentaires d’exploration du catalogue ont été modélisées sous forme d’arborescence décisionnelle, afin de saisir les impacts d’une telle approche en matière d’interface…

Les accès alternatifs au catalogue se sont rapidement avérés être des éléments de distinction concurrentiels :

  • Exploration catalogue par besoin combinée à une approche visuelle.
  • Exploration catalogue par attributs et filtres produits précis.
  • Exploration catalogue par association de produits.
  • Exploration catalogue par pièce.

Grâce à ces différentes modalités de manipulation du catalogue et d’accès au produit, nous souhaitions adresser un maximum de stratégies utilisateurs. Du reste, là encore, il fallait donner corps aux idées de façon tangible, en créant d’une part les matrices nécessaires aux combinaisons des données puis en les traduisant d’autre part, par des solutions ergonomiques intuitives.

Filres par besoins

Pour la création des entrées par besoin, nous nous sommes placés dans la peau d’un consommateur afin de reconstituer le parcours : il se déplace pour visiter le magasin, avec parfois un objectif précis ; une fois sur place, il oriente son parcours en fonction de ce qu’il voit pour trouver ce qu’il cherche : devant les produits, il peut solliciter l'aide et le conseil d'un vendeur. Une fois encore, une logique évidente mais relativement délicate à traduire en matière d’interface numérique, en 2007…

Nous sommes repartis de cette idée de parcours (en considérant pour acquis le fait que l’utilisateur était déjà sur place dans le magasin numérique…) pour concevoir les entrées par besoin :

  • 1° les besoins : sur la base de la segmentation du catalogue, nous avons traduits les différents rayons par des fonctions : dormir, travailler, manger, ranger, s’assoir
  • 2° le guidage visuel : une fois la fonction répondant au besoin choisi, une présentation visuelle des produits sous forme de mosaïque permettait à l’utilisateur de balayer d’un regard tous les produits associés à sa requête.

Dans cette logique d’exploration visuelle, nous avons également travaillé sur un module permettant de valoriser et combiner les produits autour d’ambiance et de mise en scène, comme pouvaient le faire les magasins physiques Ikea…
Ce module fonctionnel structuré autour d'ambiance devait ainsi permettre de rattacher un produit à toutes les gammes associées, sur des critères de design, de fonction, de complémentarité : concrètement, il s’agissait de donner une forme visuelle au traitement du cross-selling, traditionnellement présenté de façon austère.

La construction de ce module a donc été organisée autour des pièces : présenter plusieurs styles de mobilier-décoration et produits high-tech associés pour un bureau, une chambre à coucher...
Ce module était notamment une réponse tangible aux objectifs visant à augmenter le montant du panier moyen d’achat.

Aide au choix

Autant l’exploration par besoin ainsi que la mise en scène des produits répondaient à des logiques visuelles, ce que l’on pourrait appeler une logique cerveau droit (sensitive…), autant nous fallait-il compléter ces approches par des modalités d’exploration du catalogue plus techniques et ainsi adresser les comportements plus rationnels répondant à une logique cerveau gauche (analyse).

Nous avons donc travaillé sur une solution de conception permettant de classifier les produits de façon intuitive pour l’utilisateur ; cette logique de classification ne pouvait intervenir qu’à un niveau inférieur de l’arborescence, afin d’éviter de techniciser la consultation du catalogue… plus concrètement, nous avons travaillé sur la modélisation d’un module visant à accompagner l’utilisateur dans le choix technique de son produit.

Pour ce faire, nous avons été amenés à travailler sur les attributs communs à l’ensemble des produits référencés dans le catalogue, afin de dégager un modèle de classification dynamique permettant d’agréger les données de chaque catégorie de produit : pour l’utilisateur, on devait pouvoir choisir son réfrigérateur ou son tapis à l’aide du même outil, et ce afin d’homogénéiser l’ergonomie et garantir la continuité de l’expérience d'usage.

Pour traduire cette idée, nous avons du faire des projections et des tests sur plusieurs catégories de produits, afin de déterminer si les modèles d’attributs produits étaient suffisamment performants pour filtrer les articles : une matrice de classification des produits a donc été mise au point autour des éléments suivants :

  • Attributs permettant d’affiner les contours d’une catégorie produit (exemple : un canapé d’angle vs. un canapé convertible…).
  • Attributs permettant de sélectionner des caractéristiques techniques sans pour autant utiliser un vocabulaire technique (exemple : parler d’un ordinateur multimédia plutôt que du choix d’une carte graphique…).
  • Attributs de type booléen pour élargir les choix optionnels (exemple : une télévision oui, mais avec tuner TNT obligatoirement…).

Il est difficile de retranscrire la complexité d’un tel travail, mais grosso-modo, dans le cas de Conforama, cela revenait à réorganiser tout le système de présentation des produits, pour pouvoir choisir son tapis, sa télévision, son grille-pain sur des bases ergonomiques communes.

Enfin le modèle matriciel mis en place, validé, complété et correctement indenté, encore fallait-il modéliser l’ergonomie du module, et surtout spécifier intelligemment son fonctionnement : par exemple, le module devait-il retourner des résultats négatifs, si oui pour quelles alternatives, si non faillait-il contraindre certain choix quittent à frustrer l’utilisateur (on songe mal par exemple à un vendeur qui orienterait un prospect vers un rayon composé de 0 produits… parce que l’utilisateur a un besoin de départ si précis qu’il ne correspond à aucun article…) ?

C’est ce travail qui a été le plus complexe dans la mission de refonte du dispositif, un véritable casse-tête !

Processus de commande

Un des autres temps forts du projet s’est cristallisé autour de la matérialisation du processus de commande : il s’agissait de transposer sous forme de parcours utilisateur performant les spécificités du modèle logistique de Conforama…
L’enseigne avait choisi d’organiser la logistique autour de deux flux complémentaires : une plateforme centrale pour les colis de petite taille et le réseau de magasin physique de l’enseigne pour les colis encombrants.

Autrement dit, pour être livré, il était impératif de rattacher l’utilisateur à un magasin, le risque étant que le magasin en question ne dispose pas du produit sélectionné dans son stock, auquel cas il s’agissait de rattacher l’utilisateur à l’autre magasin le plus proche… d’autre part, toutes les typologies de produit n’ouvraient pas les droits aux mêmes modalités de livraison : livraison à domicile standard, retrait en relais colis, livraison sur rendez-vous avec équipe de montage…

Au final, la présentation de la disponibilité des produits, lignes par lignes, en rapport à un magasin (principal ou secondaire…), ouvrant à une modalité de livraison spécifique, dont le retrait en magasin, a réellement complexifié la modélisation de l’interface

Le modèle se voulait être le plus ouvert possible, afin que l’utilisateur puisse composer le pack le plus en adéquation avec ses souhaits et ses disponibilités, mais au final, la combinaison multiples des choix proposés rendaient le dispositif relativement complexe à appréhender dans les cas impliquant plusieurs produits (exemple : un produit encombrant non disponible dans les deux magasins de rattachement…).

Fiche produit

Enfin, un dernier facteur de complexité mérite quelques observations : la conception de la fiche produit modulaire permettant à l’utilisateur de créer un meuble par assemblage de modules (problématique de la modularité des produits complexes - cuisine modulaire, meuble sur-mesure).
Pour ce type de fiche produits, nous avons mis en place un système permettant à l’utilisateur de sélectionner des modules, pour les assembler, et pouvoir visualiser l’assemblage réalisé et le prix associé ; la complexité résidait dans le fait que certains ensembles de produits proposaient plus de 30 modules assemblables, pouvant engager des incompatibilités en fonction des choix… exigeant à la fois une assistance technique et pédagogique.

Pour agréger toutes les problématiques spécifiques engagées par le choix d’une cuisine (la manipulation des éléments, la réalisation d’un devis en quasi-temps réel) un site complémentaire a été mis en œuvre, et ce afin de dépasser les limites du modèle mis en place dans le cadre du site e-commerce.

La combinaison de ces différents travaux, réalisés en 2007, ont concouru à la mise en ligne du nouveau dispositif courant 2008, et nous avons eu l’opportunité de poursuivre notre mission dans le cadre des optimisations et évolutions postérieures aux test utilisateur en 2008-2009.

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4. Résultat

Augmentation des performances

Bénéficiant d’une mise en ligne relayée par des campagnes publicitaires (ce qui a été un point de pression important pour parvenir aux objectifs de timing), notamment télévisuelle, le nouveau site Conforama.fr a vu augmenté son trafic de manière significative dès son lancement.
Les indicateurs de performance ont suivi cette tendance, si bien que d’un point de vue commercial, les objectifs visés par la refonte ont permis d’être rapidement atteints
.
Le site a été favorablement accueilli par les collaborateurs de l’enseigne en interne, marquant une nette rupture avec l’ancien dispositif (2001) qui véhiculait une image de marque moins valorisante…

Point de vue utilisateur, les différents tests engagés en réel sur le site en ligne, ont permis de mettre en lumière les axes d’optimisation à apporter au modèle : il s’agissait notamment de clarifier certains éléments du processus de commande, et de corriger des détails plus mineurs comme la navigation au sein des carrousels d’animation commerciale ; une mission d’optimisations a donc été engagée visant à adresser tous les points d’incompréhension remontés par les utilisateurs.

Bilan de l'intervention

La refonte du site Conforama est une mission référente en matière de conduite de projet numérique : le cycle projet a engagé une phase d’étude, permettant d’intégrer la démarche UX en amont, suivi d’une phase de conception fonctionnelle plaçant les travaux d’architecture de l’information au centre de la méthodologie projet, conclu par des missions ponctuelles de maintenance, optimisations et évolutions.

Le site a fait l’objet d’un pré-test, puis d’un test en condition réel après le lancement du site, débouchant sur une phase d’optimisations.
Nous avons été présent, en accompagnement et suivi, à chaque étape pour garantir la prise en compte de l’expérience utilisateur d’une part, et assurer la cohérence de tous les travaux engagés en matière d’interface d’autre part.

Autre étude de cas liée

IAFACTORY vous invite à consulter l'étude de cas CDISCOUNT,
cette dernière présente également des travaux de conception et de prototypage,
dans l'industrie de l'e-commerce et de la distribution.

Article rédigé par un humain / sans IA-ssistance: julien MUCKENSTURM /
Fondateur IAFACTORY - spécialisé en expérience design depuis 2005 /
+ 300 objets numérique conçus
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5. Complément

Méthode IAFACTORY

Méthode de concption UX

Les méthodes de conception UX permettent d'élaborer un produit numérique en vue d'une expérience d'usage optimale.
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Création d'arborescence

Structurer l'architecture des nouveaux principes d'organisation d'un dispositif numérique.
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